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Changement et Persévérance

4- La clé des champs

Garder les yeux grands ouverts

Voilà une expression que j’ai beaucoup utilisé dans ces quatre articles sur le changement et la persévérance. C’est pour moi la stratégie de loin la plus efficace pour modifier durablement nos comportements.

Garder les yeux ouverts signifie être sachant, instant après instant, de notre situation émotionnelle (les émotions sont nos témoins lumineux de ce que nous vivons). Nous ne pouvons changer que ce dont nous avons conscience, donc, restons en conscience de ce que vivions et ce que nous faisons. Constamment, réinterrogeons nos croyances, nos pensées, nos méthodes. Exploitons sans cesse nos émotions négatives pour les apprivoiser et leur permettre de s’exprimer librement sans mettre à mal nos efforts.

Chassez le naturel et il reviendra au galop

Si le changement pouvait s’en tenir à ça ce serait idéal : réfléchir, décider, faire et c’est bon!

Chacun d’entre nous qui a tenté un régime, d’arrêter de fumer ou de boire, d’entreprendre un sport… sait que le plus dur c’est le maintien du changement, car ne dit-on par “chassez le naturel et il reviendra au galop” ?

Bien que fumer ou boire ou être en surpoids ne soit pas un état naturel pour l’humain, le fait de vivre depuis des années avec tel ou tel comportement devient notre naturel. Et lorsqu’on le chasse, il ne cesse de vouloir revenir au galop.

Où est le renard ?

Imaginez-vous au volant de votre voiture. Vous roulez à 80 km/h, la route est sèche. Dans le champ à côté, vous voyez un renard qui court en direction de la route. Que faites-vous ?

  • il est à 150 m : vous le voyez et poursuivez votre chemin
  • il est à 80 m : vous le regardez et évaluer si vous devez ou non freiner
  • il est à 30 m : vous ralentissez pour le laissez passer
  • il est à 1 m : vous l’écrasez

les anciens comportements se comportent comme des renards, si nous ne sommes pas attentifs, nous ne pouvons pas les éviter. Comme sur la route, notre regard doit être circulaire et affuté, car si nous sommes attentifs, nous pouvons voir ce vieux naturel revenir au galop de très loin et décider de la conduite à tenir.

Que doit dont regarder ?

TOUT ! durant quelques temps en tout cas. Car chaque événement, émotion, changement … est une voie possible pour l’ancien comportement de revenir vers nous :

  • Les évènements extérieurs : une dispute de couple, un deuil, un problème professionnel…
  • Nos choix et décisions : sortir au restaurant ou en boîte, changer de travail …
  • Nos idées bizarres : cette folle envie de revoir cette vieille copine qu’on a pas revu depuis des mois (et avec qui nous buvions/fumions/jouions/mangions … ). Se dire qu’il nous faut absolument du pain de cette boulangerie-ci (ou on trouve également les meilleures éclair au chocolat )…
  • Dans tous les cas, quel que soit le changement, il nous faut regarder notre consommation d’alcool, car elle est la voie royale pour relâcher notre volonté et ruiner nos efforts.

Bref, on l’aura compris, tout est dangereux !

Oui, mais non ! N’oublions pas que chaque jour qui nous sépare de la dernière fois que nous avons eu ce comportement, nous renforce et aiguise nos stratégies. Le changement devient petit à petit notre nouveau naturel.

J’ai envie de terminer ce cycle d’articles consacrés au changement et à la persévérance par la prière de la sérénité de Marc Aurèle, récitée avant chaque réunion des alcooliques anonymes (haut lieu du changement et de la persévérance) :

“Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.”

Marc Aurèle

A bientôt

Changement et Persévérance

3- l’aventure c’est l’aventure

1- un petit caillou dans le soulier

2- Attendre encore

3, 2, 1 prêts ? Partez !

Voilà, nous y sommes. C’est le grand jour du changement ! j’ai jeté mes cigarettes, j’ai envoyé ma démission, je vais à ma première réunion pour perdre du poids….

BRAVO ! Ca y est, ça a commencé, l’action est en marche.

Mais l’action du changement n’est pas encore le résultat. L’action du changement n’est qu’une phase parmi les autres qui mène à… A quoi au juste ?

Mais qu’est-ce qu’on veut à la fin ?

Quand j’arrête de fumer, je veux quoi en fait ?

Quand je perds du poids, je veux quoi en fait ?

Quel est ce graal que nous cherchons au travers de ces changements que nous entreprenons ?

La paix

La paix, la tranquillité intérieure, le confort, une conscience aérée, la réalisation de soi, la liberté… OUI, mais non, ce n’est pas encore à cette étape que l’on trouve notre graal.

Une aventure qui donne des ailes et fait grincer des dents

J’aime imaginer que c’est dans la joie que l’on arrive à cette étape longuement préparée. Enfin, on passe à l’action. Enfin nous accédons à une nouvelle forme de liberté. Un grand départ pour une aventure…

qui donne des ailes car changer est source de fierté, de force, de perspectives nouvelles, d’un regard différent sur la vie, sur soi, sur les autres. Changer c’est relever la tête.

et qui fait grincer des dents car changer c’est entrer dans un mode de vie que l’on n’a pas ou peu pratiqué, avec des règles mal connues. Un mode de vie dans lequel on navigue à vue. Impossible de se reposer sur nos vieilles habitudes, puisque justement, elles définissaient la vie d’avant.

Vivre, observer, ajuster

Heureusement, les nouvelles règles ne restent pas nouvelles indéfiniment. Chaque jour nous permet de comprendre un peu mieux comment vivre avec le changement. Chaque jour est source d’expériences, d’embûches, de réussites et parfois d’échecs. Et c’est tant mieux, car ce sont ces expériences quotidiennes qui guident nos pas jour après jour :

Vivre – Je vis une émotion difficile que je gérais avant avec de la nourriture. Je ne sais pas quoi faire, je craque, je mange une plaque de chocolat, je me sens coupable et nul.

Observer – je réalise que je n’avais pas de stratégie pour gérer cette difficulté, et que la plaque de chocolat m’a fait penser du mal de moi et que ma situation émotionnelle a empirée.

Ajuster – je réfléchi à ce que j’aurais pu faire pour gérer différemment cette émotion: Appeler un ami ? faire une technique de régulation émotionnelle (auto-hypnose, méditation, EFT…) ? je note mes stratégies sur mon journal de bord (cf. chapitre 2)

Vivre –  je suis au travail et je suis à nouveau face à une situation difficile, j’ai envie de grignoter. Je m’installe sur ma chaise de bureau pour faire quelques minutes de méditation (stratégie choisie et qui avait été efficace lors d’une précédente crise). Le téléphone sonne, je suis frustré d’être interrompu, j’ai toujours envie de grignoter et même plus.

Observer – cette stratégie ne fonctionne pas au travail car je ne peux pas être tranquille.

Ajuster – j’affine la stratégie en décidant de dévier mon téléphone durant la méditation, ou je choisi une stratégie compatible avec le travail.

Et ainsi de suite.

Nous sommes, au quotidien, notre propre thérapeute. Nous faisons les questions et les réponses. Nous vivons ce que nous avons à vivre, en gardant les yeux toujours grands ouverts, et ajustons nos stratégies de maintien du changement à chaque fois que c’est nécessaire.

Comment la thérapie peut aider dans cette étape ?

Lors d’une séance thérapeutique dans cette étape du changement, nous pouvons ensemble interroger l’efficacité des stratégies et/ou en déployer de nouvelles. Nous pouvons ensemble danser avec le doute, avec le découragement. Et aussi célébrer la fierté. En somme, recevoir des « oh hisse » et des « bravo »

A suivre…

4- la clé des champs

Changement et Persévérance

2- Attendre encore

Maintenant que nous avons pris conscience que quelque chose ne va pas (voir chapitre 1- un petit caillou dans le soulier) nous pourrions être tentés de nous engouffrer dans le changement.

Vite ! Vite ! Enlever ce caillou, changer de chaussure, et poursuivre la route.

Mais c’est sans compter que, si l’on portait ces chaussures-ci, celles qui justement ont laissé s’infiltrer le caillou, c’est qu’on avait de bonne raison de le faire, et qu’il n’est pas dit que de nouvelles chaussures apportent immédiatement le confort recherché.

Si nous avons passé des années à agir d’une certaine manière (boire trop, fumer, manger déraisonnablement, accepter un mariage ou un emploi non conforme à nos attentes…) ce n’est certainement pas parce que l’on est stupide, méchant ou cruel, mais bien parce que nous n’avions pas en main une meilleure solution.

Une solution pour quoi ? pour se sentir bien, pour se sentir courageux, aimé, soutenu. Une solution pour trouver un autre chemin, pour garder sa propre estime.

Sait-on toujours en quoi le comportement que nous souhaitons changer nous est (était) utile ? parfois, et parfois pas, mais une chose est sûre: chaque chose que nous faisons dans la vie sous-tend toujours des effets positifs.

Quand j’étais cette mauvaise élève que j’évoque dans le chapitre 1, je cachais mes devoirs non faits ou mal faits et j’inventais des histoires de cahiers oubliés ou même perdus. Je cherchais simplement à diminuer la tension intérieure qui devenait insupportable et me faisait penser beaucoup de mal de moi. Ces dissimulations ne m’ont bien sûr pas aidée à apprendre, mais je crois que je ferais tout pareil aujourd’hui, car le maintien de l’estime de soi peut revêtir des aspects de survie.

Renoncer sans préparation à ces stratégies conscientes ou inconscientes qui nous permettent de tenir debout, c’est parfois renoncer à tenir debout.

Ainsi, il faut attendre encore, prendre le temps. Sauf évidemment si la vie est en danger immédiat, rien ne presse. Lorsque nous avons usé de ces stratégies durant des années, nous pouvons nous accorder quelques temps de préparation, et élaborer un plan.

Un objectif réaliste et réalisable

L’urgence est d’attendre. Et attendre ne signifie pas ne rien faire. Préparer le changement est une activité intense d’observation, de réflexion et de création. Tel le slalomeur qui visite en pensée le parcours qui s’étend devant lui, prenons le temps de nous questionner un peu :

  • Puis-je envisager ce changement ?
  • Si je change, je le fais pour qui ? Pour moi ? pour mes proches ?
  • Comment sera la vie après le changement ? quels en seront les bénéfices ? les inconvénients ?
  • Est-ce que je me sens capable d’un tel changement ?
  • Ce projet a-t-il des chances de réussir ? Y a-t-il quelque chose, quelqu’un qui pourrait aller à l’encontre de mon objectif ?
  • Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Maintenant que l’idée du changement est acquise, l’heure est à la planification du projet.

  • Quand ? arrêter de fumer un 23 décembre est peut-être ambitieux.
  • Comment ? Commencer par courir 30 km est le meilleur chemin vers l’échec.
  • Avec qui ? ai-je besoin de l’aide de mon médecin pour arrêter de boire ? des alcooliques anonymes ? autres ?
  • Combien ? De combien de Kilos je souhaite me libérer ?

Il peut être utile de décomposer le changement en plusieurs sous-changements, afin d’habituer le corps, l’esprit et l’entourage à la nouvelle manière de faire.

Je recommande souvent à mes patients en projet de changement, de tenir un journal de bord, afin d’y consigner leurs découvertes sur eux, sur leurs comportements, sur les pistes à explorer. En somme, de devenir les spécialistes d’eux-mêmes.

Comment la thérapie peut aider dans cette étape ?

Le chemin du changement peut être semé d’embûches ! Un accompagnement spécialisé lors de la préparation peut être utile à l’image du coach sportif, et, tant qu’à garder les yeux grands ouverts, pourquoi ne pas en avoir quatre.

A suivre….

3- L’aventure c’est l’aventure !

Changement et persévérance

1- Un petit caillou dans le soulier

Quand j’étais petite fille, j’adorais la rentrée scolaire. Un nouveau cartable, une belle plume à réservoir, des crayons entiers merveilleusement taillés, et surtout, des cahiers vierges.

Mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’était ce tout nouveau cerveau, rénové durant l’été, qui allait faire merveille en classe. Chaque année en septembre je reprenais tout à zéro : Je serai sage, je ferai mes devoirs proprement, j’écouterai la maîtresse tout le temps…

Le premier mois n’était pas écoulé que le dimanche soir me donnait déjà des crampes au ventre. Chaque dictée me noyait sous le désespoir, je ne connaissais pas mieux mes livrets que l’année précédente, et, pire que tout, les yeux au ciel de la maîtresse qui avait certainement aussi nourri le secret espoir qu’un esprit “bonne élève” m’ait envahi durant les grandes vacances.

Plus on attendait de moi un changement, et plus je rongeais mes crayons. Plus mes cahiers étaient mal tenus, et plus j’étais malheureuse. Plus je rêvais d’être autrement, moins je savais comment y parvenir.

Ce qui me rendait malheureuse c’était le constat que je “n’étais pas une bonne élève. Point !“, j’aurais voulu… mais je n’étais pas. Je ne savais pas travailler ! Et je ne savais pas comment apprendre à travailler.

Ce que je ne savais pas à l’époque (car j’étais une petite fille) c’est que le changement est un processus, et non un état. Ce n’est pas une question d’être ou de ne pas être quelque chose. Tout est dans le chemin que l’on choisit consciemment d’emprunter (un objectif réaliste et réalisable), dans les stratégies que l’on met en place (vivre, observer, ajuster), dans les obstacles que l’on est d’accord d’affronter (se dépasser un peu), et dans la persévérance (chuter et se relever).

L’inconfort : moteur du changement

Qu’est-ce qui nous fait penser que nous avons besoin de changer quelque chose? l’inconfort !

L’inconfort est une énergie incroyable qui nous taraude constamment, comme un petit caillou dans le soulier. Au début on ne se rend compte de presque rien, puis, petit à petit on prend conscience que quelque chose ne va pas, que ça devient pénible, puis que cela devient insupportable. Et parfois, nous nous en occupons si tard que la blessure est faite. Qu’importe, le principal est d’ôter le caillou, tôt ou tard, et d’apprendre qu’une action de notre part était inévitable.

Une action de notre part est inévitable !

On dit que le temps fait bien les choses, et c’est souvent vrai. Mais si nous laissons notre vie dans les seules mains du temps, nous risquons de laisser s’aggraver la blessure causée par le petit caillou.

C’est en gardant les yeux grands ouverts sur l’inconfort que nous profitons au mieux de son énergie.

Et cela signifie :

-> Savourer le cisaillement du petit caillou.(Même quand j’ai envie de ne pas boire, je bois!)

-> Contempler la blessure sous le pied. (J’ai de la peine à m’aimer avec ce surpoids)

-> Lister les choses qu’on ne peut plus faire à cause du caillou et de la blessure. (Je n’arrive plus à monter les escaliers, je n’ai plus de souffle à cause de la cigarette)

-> Se projeter dans le futur. (Si je continue à dépenser tant d’argent je ne pourrais pas réaliser mon projet de voyage)

-> Laisser monter la sensation grandissante d’inconfort. (J’ai de plus en plus de doute et de peur sur l’avenir)

Et on fait quoi alors?

Une grande solitude accompagne souvent cette étape de la prise de conscience. Garder les yeux grands ouverts requière un courage de tout les instants. La thérapie soutient ce mouvement nécessaire au changement, en permettant de se sentir moins seul et plus fort pour attaquer ce chemin vers le changement.

A suivre…

De la détermination à l’action: Attendre encore

Autour de la Relation à la culpabilité

Tant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l’humanité

Sénèque

La culpabilité

Définition du Larousse:

  • Etat de quelqu’un qui est coupable d’une infraction ou d’une faute.
  • Sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire.

C’est bien à la deuxième définition que je souhaite m’intéresser dans cet article, car culpabilité et sentiment de culpabilité ne sont pas synonyme.

Pourquoi se sent-on coupable ? Les animaux ressentent-ils la culpabilité ? à partir de quel âge sait-on se sentir coupable ? Et surtout, à quoi ça sert la culpabilité ?

A quoi ça sert la culpabilité ?

Ce sentiment, tout à fait désagréable, est d’une utilité fondamentale à l’évolution humaine.

Qu’adviendrait-il de nous si le bien et le mal n’occasionnaient aucun changement de notre état émotionnel ?

Nous vivrions selon tous nos désirs, sans considération pour l’autre (humain, animal, terre…)

Nos pulsions dirigeraient nos vies, et il est de notoriété publique que nos pulsions ne sont pas toutes « société-compatibles ».

Notre capacité à culpabiliser est l’un de nos guides sur le chemin de la bienveillance.

Pourtant, chaque jour nous faisons du tort. A nous-même, à d’autre. En cela nous sommes égaux.

Là où nous ne sommes pas égaux, c’est dans la quantité et la qualité du ressenti de culpabilité. Pour certains, une simple pensée peut être source d’une culpabilité sans fin, alors que d’autre vivrons avec tranquillité leurs pires bévues.

Comme nous ne venons pas du même bois, nous ne produisons pas les mêmes fruits : ce qui est mal pour les uns ne l’est pas pour les autres.

Notre éducation, nos expériences, nos croyances nous donnent une grille de lecture du bien et du mal, et contribuent à construire notre capacité à culpabiliser, ou pas.

Bon, et maintenant, on en fait quoi de cette culpabilité ?

La culpabilité comme symptôme moral

Le sentiment de culpabilité, qu’il s’installe sur un tort réellement fait ou non, ne devrait en aucun cas se départir d‘une remise en question. Si celle-ci n’a pas lieu, la culpabilité est longue, vaine et inutile.

Le sentiment de culpabilité n’est pas une option au pardon. La mortification ne remplace pas la réparation, et n’empêche pas l’acte d’être reproduit.

La culpabilité est le symptôme d’une nécessité de réinterroger nos valeurs, nos comportements, nos modes de pensée.

Cet examen de conscience devrait passer au tamis notre perception du bien et du mal. Allumer la lumière de l’objectivité sur le tort commis ou pas :

Ai-je fait un tort ?

Quelques exemples frappant de sentiment de culpabilité sans tort commis : le malade qui se sent coupable de créer du souci à sa famille. La femme violée qui se reproche une minijupe. L’enfant qui pense ne pas être assez bien pour que ses parents soient fiers de lui…

 Aux yeux de qui suis-je coupable ?

D’une personne que j’ai lésée ? de la société ? ou de ma conscience ? ou des trois !

Selon quelle valeur ?

Quelle croyance m’a poussé à faire ce que j’ai fait ? quelle était l’intention derrière cet acte ? l’ai-je fait en conscience ?

 Quelles en sont les conséquences réelles ?

Avais-je anticipé ce résultat ? est-il plus favorable que prévu ? plus catastrophique ? mortel ? pour qui ? Suis-je également blessé par mon acte ?

Et finalement la question la plus important :

Comment je fais pour ne plus avoir à me sentir comme ça ?

Que dois-je changer en moi, dans ma perception du monde, dans mes réactions, dans mon comportement pour me sentir alignée avec mes valeurs.

Depuis quand les torts sont-ils impardonnables?

Emmanuelle Bayamack-Tam, Arcadie

C’est probablement en acceptant de regarder en face notre sentiment de culpabilité que l’on peut diminuer la tension intérieur qu’il génère, s’il y a lieu de faire les actes nécessaires au pardon, et se libérer.

Car c’est dans notre nature humaine d’être imparfait.

A bientôt

Autour de la Relation au Soi Féminin

Épouse, mère, amante, infirmière, maîtresse d’école, nonne, putain…

Comment faire le tour de tous les rôles qui ont été attribués à la femme, toutes ces casquettes qu’elle a porté au fils des époques et de sa vie, sans avoir un sacré tournis?
Que vivons-nous de la féminité ? Qu’est-ce qui nous différencie des hommes ?
L’enfantement ? la fragilité ? la douceur, la gentillesse? le manque de sens d’orientation? ou peut-être le fait que nous puissions faire deux choses en même temps ?
Sommes-nous si différentes des hommes? Sommes-nous l’opposé de l’homme ? complémentaires? La femme est-elle l’avenir de l’homme ? comme le dit Louis Aragon.
Je le dis au risque de ne pas me faire des copines, je ne crois pas au caractère sacré de la femme, pas plus qu’à celui de l’homme.
Homme et femme sont deux pièces d’un puzzle dont l’image est l’enfant, même si hommes et femmes sont bien d’autres choses encore.

Pourquoi alors faire un article spécifique aux femmes ?

Parce que j’en suis une, certainement, et aussi parce qu’au long de ma pratique thérapeutique, j’ai mainte fois réalisé que les difficultés de vie ont un sexe. On ne vit pas un chagrin d’amour de la même manière que l’on soit un homme ou une femme. Bien sûr, chaque individu a son propre vécu, mais de grandes similitudes unissent les vécus de femme (de même pour les vécus d’hommes).

Qui suis-je, en tant que femme et en tant que soi.

De génération en génération, nos mères, grand-mère, arrière-grand-mère, toutes les femmes de notre lignée nous ont donné le gabarit de “qu’est-ce qu’être une femme”. Chacune en a été porteuse à sa façon, modifiant le modèle en fonction de sa vie, de l’époque, de ses drames et de ses joies.
Chacune a transmis à la suivante sa propre interprétation de la question de la féminité. Mais, comme faire la même chose ou faire le contraire c’est pareil, c’est toujours être liée à la source, il reste toujours quelque chose du modèle d’origine, visible ou non, bienvenue ou non, apaisant ou douloureux.

Et la liberté dans tout ça ?

Et pourtant, on se sent libre, d’être et d’agir, de choisir une profession, un compagnon, d’avoir ou non des enfants, une vie de famille ou une vie d’aventurière.
Et si cette liberté était elle aussi une injonction, un nouveau rôle qui nous est dévolu, une attente de l’époque, soutenue par nos mères révolutionnaires de la libération des femmes (qu’elles en soient ici remerciées).
Des injonctions de toutes sortes et souvent contradictoires nous sautent à la figure, dans les journaux, sur les réseaux sociaux, entre copines, entre collègues, entre mamans…
Franchement, laquelle d’entre nous ne s’est pas retrouvée confrontée à ces ambivalences :
Si je m’épile le pubis, je me mets en porte-à-faux avec les valeurs féministes de notre époque, mais si je ne m’épile pas je vais déplaire à mon homme.
Si je choisi d’arrêté de travailler pour élever mes enfants je ne me sens pas assez femme, mais si je choisi de faire carrière je ne me sens pas assez mère.

Nous sommes constamment soumises aux diktats contradictoires de la femme ancestrale, archaïque, qui est notre source, et de la femme actuelle qui est notre devenir.
Je ne crois donc pas à la femme sacrée, mais je crois que savoir de quel bois nous venons, qui sont les femmes qui nous ont engendré, que reste-t-il d’elles en nous, et quel est le chemin que nous choisissons pour y vivre notre vie, toutes ces élaborations ont un caractère sacré, et magique.
Le module thérapeutique “le cœur des Femmes” est une quête en 9 étapes pour passer de “LA féminité” au “soi féminin”
Je vous invite donc à découvrir cette offre thérapeutique en individuelle ou, dès l’automne 2020, en groupe.
Salut les frangines, à bientôt

Autour de la Relation à l’Échec

On a beau dire, on a beau se rassurer que c’est un apprentissage, que c’est nécessaire, que la réussite est un processus jalonné d’échec.
N’empêche, l’échec est une tragédie.
L’échec nous brûle de l’intérieur, il se lit sur notre visage, dans notre posture.
Un échec, c’est une raclée monumentale.
Un échec, c’est remettre en question notre capacité à… notre droit à… notre raison d’être.
Un échec fait porter la honte sur son front.
Alors que dire de deux échecs, trois échecs, une multitude d’échec.

Bénis soient mes échecs, je leur dois tout ce que je sais

Emil Cioran
Alors pourquoi est-il si difficile de considérer l’échec comme un ami ? Comme l’un des piliers de la réussite ?

L’échec est un formidable moteur à propulsion.

C’est la direction de cette propulsion qui fait de l’échec un ami ou ennemi. Un allié ou un persécuteur.
L’affaire se passe dans la pensée et dans la souplesse de surmonter l’échec en apprenant les tenants de cet échec.
A chaque fois que nous pensons que notre échec est le fruit malin d’une autre personne, nous nous privons de tout apprentissage.
Lorsque nous faisons de notre échec une loi – cela me prouve que je suis incapable, comment ai-je pu croire que je réussirais… – nous nous empêchons d’entrevoir la possibilité d’une réussite.
L’échec amène avec lui d’incroyables ressources:
– en apprendre plus sur nous-même (notre manière de progresser, nos vulnérabilités, notre capacité à rebondir, notre capacité à gérer les émotions de l’échec, notre capacité à générer des solutions…)
– en apprendre plus sur cette chose que l’on souhaite réussir (est-ce la bonne cible, le projet doit-il être remastérisé, suis-je entouré des bonnes personnes, du bon matériel, du bon temps pour y arriver… )
L’échec nécessite un arrêt sur image, une autopsie minutieuse, car il ne livre pas son trésor au premier coup d’œil, c’est à la loupe qu’il nous faut le regarder.
Bonne semaine à tous

Autour de la Relation à l’Argent et à la Réussite

Fric, pèze, pognon, flouze…
pauvreté, richesse, profit, ruine, spoliation…
être né avec une cuillère en argent dans la bouche !
l’argent n’a pas d’odeur!
l’argent ne fait pas le bonheur!
etc
Que l’on soit riche, aisé, que l’on tire le diable par la queue ou que l’on soit pauvre, nous avons tous une relation avec l’argent.
Et nous avons tous une relation à la réussite.

Si la gloire apporte de l’argent, j’attends la gloire; si la gloire n’apporte pas d’argent, j’attends l’argent.

Jack London

Notre relation à l’argent et à la réussite dépend de divers facteurs:

– familiaux et transgénérationnels: la relation de nos aïeux à l’argent et à la réussite, leur condition de vie, leurs actions glorieuses ou ignominieuses en lien avec l’argent, et la transmission de tout cela…
– de nos expériences de vie et de notre relation à l’échec: vécu de faillite, d’endettement, de travail mal rémunéré, de chômage ou au contraire vécu d’un épanouissement professionnel, d’une intuition pour des placements porteurs de richesse…
– de nos croyances limitantes: l’argent va à l’encontre de la spiritualité; si je n’ai pas d’argent je ne suis rien; je ne mérite pas d’en avoir; dans notre famille nous n’avons pas besoin d’argent pour être heureux…
etc

Le travail thérapeutique Autour de la Relation à l’argent et à la réussite porte sur 3 axes:

– Comprendre ce qui se joue dans cette relation à l’argent, grâce à l’apport de la psychogénéalogie.
– Apaiser les tensions intérieures et les croyances limitantes grâce à l’EFT et certaines techniques de relaxation.
– Travailler sur les comportements qui maintiennent le problème.

A qui s’adresse ce travail thérapeutique

– A toute personne vivant une difficulté de manque d’argent, d’endettement, de non satisfaction financière.
– Aux personnes souffrant d’une addiction liée à l’argent: achats compulsifs, jeu pathologique…
– A ceux et celles qui piétinent socialement/professionnellement et ne parviennent pas à atteindre la position qu’ils souhaitent malgré leurs compétences.
etc
Portez-vous bien et à bientôt

Autour de la Relation à la Peur

Ou alors…

Autour de la Relation à la Confiance

Bientôt, certain d’entre nous allons retourner au travail et nos enfants vont reprendre le chemin de l’école.

le monde se réveille d’une sieste nécessaire à son rétablissement et se réouvre doucement.

Nous savons tous que la crise sanitaire n’est pas terminée. Nous savons tous que le monde n’est pas aussi safe que nous le souhaiterions. Qu’il nous faut reprendre les habitudes délaissées il y a quelques semaines, sans pour autant nous sentir en sécurité.

Nous sommes un peu comme face à une étendue d’eau glacée, nous ne pouvons pas éviter de la traverser car la suite de notre vie se passe de l’autre côté!

Aujourd’hui, nul ne sait si la traversée sera ou non longue, si elle sera ou non dangereuse, si nous aurons ou non à perdre encore quelque chose. L’avenir est voilé, nous sommes tous dans le même bain d’incertitude.

Mais quelque chose est entre nos mains: c’est le regard que nous portons sur cette traversée qu’il nous faut faire coûte que coûte, c’est la confiance que nous avons en notre capacité à nager jusqu’à l’autre rive, et c’est le courage que nous pouvons chercher dans le regard bienveillant de l’autre, et faire nôtre.

Eh! l’ami prête-moi main forte, ensemble poussons la lourde porte et sortons de l’abri de ciment…

Le jour viendra, Jean-Roger Caussimon

Bonne mise en route à chacun

Autour de la Relation de Couple

Je ne sais pas vous, mais chaque fois que j’écoute les plaisirs démodés de Charles Aznavour j’ai envie de m’envoler dans un slow amoureux

Alors, si vous avez quelques minutes à accorder à l’autre, prenez sa main, retrouvez les gestes du début, et glissez les yeux mi clos jusqu’au bout de … la chanson.

Bon plaisir à vous de deux

Autour de la Relation à Soi

Il n’y a aucun doute à avoir sur le fait que l’ÊTRE primordial de notre vie c’est SOI.
Comment être avec soi alors que notre conscience nous pousse constamment vers le dehors, vers les autres.
Nos yeux peinent à trouver le chemin qui mène au cœur de soi, et pour y voir quoi? nos chagrins? nos fautes? nos solitudes?
Si regarder à l’intérieur de soi génère du malaise, alors goûtez au plaisir de l’écho de soi:
  • Danser avec soi et ressentir les ondulations du corps, la force des muscles et la palpitation du cœur.
  • Chanter pour soi et s’offrir cette voix qui, après sa balade dans les airs, revient au cœur de soi.
  • Ecrire des mots, de beau mots que l’on n’adresse qu’à nous même.
  • Cuisiner une intuition gustative et se l’offrir en friandise.
       Bon plaisir à vous et à bientôt