Changement et persévérance

1- Un petit caillou dans le soulier

Quand j’étais petite fille, j’adorais la rentrée scolaire. Un nouveau cartable, une belle plume à réservoir, des crayons entiers merveilleusement taillés, et surtout, des cahiers vierges.

Mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’était ce tout nouveau cerveau, rénové durant l’été, qui allait faire merveille en classe. Chaque année en septembre je reprenais tout à zéro : Je serai sage, je ferai mes devoirs proprement, j’écouterai la maîtresse tout le temps…

Le premier mois n’était pas écoulé que le dimanche soir me donnait déjà des crampes au ventre. Chaque dictée me noyait sous le désespoir, je ne connaissais pas mieux mes livrets que l’année précédente, et, pire que tout, les yeux au ciel de la maîtresse qui avait certainement aussi nourri le secret espoir qu’un esprit “bonne élève” m’ait envahi durant les grandes vacances.

Plus on attendait de moi un changement, et plus je rongeais mes crayons. Plus mes cahiers étaient mal tenus, et plus j’étais malheureuse. Plus je rêvais d’être autrement, moins je savais comment y parvenir.

Ce qui me rendait malheureuse c’était le constat que je “n’étais pas une bonne élève. Point !“, j’aurais voulu… mais je n’étais pas. Je ne savais pas travailler ! Et je ne savais pas comment apprendre à travailler.

Ce que je ne savais pas à l’époque (car j’étais une petite fille) c’est que le changement est un processus, et non un état. Ce n’est pas une question d’être ou de ne pas être quelque chose. Tout est dans le chemin que l’on choisit consciemment d’emprunter (un objectif réaliste et réalisable), dans les stratégies que l’on met en place (vivre, observer, ajuster), dans les obstacles que l’on est d’accord d’affronter (se dépasser un peu), et dans la persévérance (chuter et se relever).

L’inconfort : moteur du changement

Qu’est-ce qui nous fait penser que nous avons besoin de changer quelque chose? l’inconfort !

L’inconfort est une énergie incroyable qui nous taraude constamment, comme un petit caillou dans le soulier. Au début on ne se rend compte de presque rien, puis, petit à petit on prend conscience que quelque chose ne va pas, que ça devient pénible, puis que cela devient insupportable. Et parfois, nous nous en occupons si tard que la blessure est faite. Qu’importe, le principal est d’ôter le caillou, tôt ou tard, et d’apprendre qu’une action de notre part était inévitable.

Une action de notre part est inévitable !

On dit que le temps fait bien les choses, et c’est souvent vrai. Mais si nous laissons notre vie dans les seules mains du temps, nous risquons de laisser s’aggraver la blessure causée par le petit caillou.

C’est en gardant les yeux grands ouverts sur l’inconfort que nous profitons au mieux de son énergie.

Et cela signifie :

-> Savourer le cisaillement du petit caillou.(Même quand j’ai envie de ne pas boire, je bois!)

-> Contempler la blessure sous le pied. (J’ai de la peine à m’aimer avec ce surpoids)

-> Lister les choses qu’on ne peut plus faire à cause du caillou et de la blessure. (Je n’arrive plus à monter les escaliers, je n’ai plus de souffle à cause de la cigarette)

-> Se projeter dans le futur. (Si je continue à dépenser tant d’argent je ne pourrais pas réaliser mon projet de voyage)

-> Laisser monter la sensation grandissante d’inconfort. (J’ai de plus en plus de doute et de peur sur l’avenir)

Et on fait quoi alors?

Une grande solitude accompagne souvent cette étape de la prise de conscience. Garder les yeux grands ouverts requière un courage de tout les instants. La thérapie soutient ce mouvement nécessaire au changement, en permettant de se sentir moins seul et plus fort pour attaquer ce chemin vers le changement.

A suivre…

De la détermination à l’action: Attendre encore

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